Missions, compétences clés, salaire, formation et débouchés du métier de fiscaliste / assistant(e) fiscaliste — pour vous orienter et réussir votre alternance à Lyon.
Bienvenue dans ce module dédié au métier de fiscaliste et d'assistant fiscaliste. Vous découvrirez un univers professionnel riche et complexe, où la maîtrise des normes fiscales converge avec des qualités relationnelles essentielles.
La rémunération d'un fiscaliste / assistant(e) fiscaliste en alternance est encadrée par la loi : elle correspond à un pourcentage du SMIC selon l'âge et l'année de contrat (de 27 % à 100 % du SMIC en apprentissage, 55 % à 100 % en contrat de professionnalisation), auquel s'ajoutent les aides. Montant indicatif : de ~490 € à ~1 800 € brut/mois. Estimez votre rémunération →
Le métier de fiscaliste / assistant(e) fiscaliste se prépare en alternance (niveau B3), visant le titre RNCP RNCP34734. C'est une voie idéale pour se former tout en étant rémunéré et en acquérant une expérience concrète en entreprise à Lyon.
Voir les offres d'alternance fiscaliste / assistant(e) fiscaliste à Lyon →L'École de Commerce de Lyon et l'EFCM forment à ce métier en alternance — fort réseau d'entreprises partenaires, accompagnement personnalisé et rentrées souples. La meilleure voie pour réussir dans ce métier.
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Bienvenue dans ce module dédié au métier de fiscaliste et d'assistant fiscaliste. Vous découvrirez un univers professionnel riche et complexe, où la maîtrise des normes fiscales converge avec des qualités relationnelles essentielles. Ce cours, structuré autour de trois axes — découvrir le métier, pratiquer les outils réels et performer — vous permettra de comprendre les missions concrètes, les environnements d'emploi variés et les compétences attendues pour réussir dans ce secteur. Chaque slide propose des exemples chiffrés et des cas pratiques issus de la réalité professionnelle, pour que vous puissiez dès aujourd'hui vous projeter en tant que professionnel fiscal.
Ce cours se structure autour de trois parties équilibrées. D'abord, nous découvrirons le métier : environnement professionnel, missions et livrables, compétences requises. Ensuite, nous entrerons dans la pratique avec les trois piliers de la fiscalité d'entreprise : l'impôt sur les sociétés, la TVA et les taxes locales, ainsi que la veille et le contrôle fiscal. Enfin, nous aborderons la performance, c'est-à-dire comment optimiser légalement sa fiscalité, gérer le calendrier fiscal annuel et construire sa carrière dans ce domaine. À chaque étape, des cas réels et des chiffres 2026 vous permettront d'ancrer vos apprentissages.
La fiscalité de l'entreprise n'a pas toujours été telle qu'on la connaît aujourd'hui. En 1967, la TVA transforme la France. En 1993, l'harmonisation européenne redessine les règles. En 2013, le taux IS baisse. En 2020, la digitalisation fiscale s'accélère avec e-DATAS. En 2024, le taux IS atteint 25 %, alignant la France sur ses voisins européens. Aujourd'hui, en 2026, nous évoluons vers une fiscalité en temps réel, plus transparente et mieux intégrée aux normes internationales. Cette évolution vous montre que le métier de fiscaliste est en constant renouvellement : la maîtrise technique s'y combine avec une veille adaptée.
Travailler comme fiscaliste ou assistant fiscaliste en entreprise présente un avantage majeur : la connaissance progressive et approfondie d'une seule structure. Vous entrez dans la direction financière ou comptable, sous la responsabilité d'un responsable fiscal ou du directeur financier. Vos premières missions : préparer les déclarations annuelles (liasse fiscale, IS, TVA), traiter les écritures comptables liées à la fiscalité, réaliser les déclarations mensuelles ou trimestrielles. Au fil du temps, vous gagnez en autonomie et commencez à proposer des optimisations : redéfinir une structure de facturation, anticiper l'impact fiscal d'un investissement, négocier une position avec l'administration. Vous travaillez étroitement avec les autres services : comptabilité (pour la conformité), trésorerie (pour les délais de paiement), direction générale (pour la stratégie).
En cabinet d'expertise-comptable ou d'audit, vous devenez expert généraliste. Vous gérez plusieurs clients simultanément, chacun avec sa structure fiscale, ses enjeux, ses risques. L'avantage : polyvalence maximale. En six mois, vous traitez IS, TVA, CVAE, restructurations, optimisations sectorielles. L'autonomie vient vite : c'est vous qui recevez le client, posez les bonnes questions, rédigez l'avis fiscal. Le cabinet m'offre aussi un réseau : confrères, clients influents, rencontres régulières avec d'autres fiscalistes. Le défi : gérer plusieurs dossiers de front, respecter les délais de déclaration, maintenir une qualité constante. C'est un excellent tremplin pour devenir expert-comptable ou fiscaliste senior.
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Deloitte, EY, KPMG, PwC : les Big Four représentent l'élite du secteur. Vous y travaillez sur des dossiers stratégiques — fusions-acquisitions, restructurations complexes, optimisations multi-pays. L'environnement : très structuré, avec des procédures strictes, des technologies avancées (data analytics, IA), et un accès à des bases documentaires internationales. Le salaire est généralement plus attractif, mais les horaires peuvent être chargés en saison. Vous côtoyez des experts seniors, apprenez des best practices mondiales, et bâtissez rapidement une crédibilité reconnue. Les évolutions de carrière y sont claires : associé en 8-10 ans pour les plus talentueux.
L'environnement professionnel du fiscaliste se décline en trois univers. En entreprise, vous maîtrisez progressivement la fiscalité d'une seule structure, avec autonomie croissante. En cabinet, vous devenez polyvalent, gérant plusieurs clients et apprenant les best practices du métier. Aux Big Four, vous intervenez sur la complexité, en équipe, avec des outils sophistiqués et une reconnaissance mondiale. Quel que soit votre choix, vous devez rester curieux et à la veille des évolutions fiscales — la loi change constamment, et c'est votre responsabilité de vous tenir informé.
Chaque mois tourne autour d'une cadence claire. Dès réception de la paie comptabilisée, vous préparez la déclaration sociale mensuelle (DSM) : salaires, cotisations patronales, versements URSSAF. Vous vérifiez la TVA collectée et déductible — c'est un flux constant. Chaque trimestre, vous déclarez la TVA, soit mensuellement (CA > 1,5 M€), soit trimestriellement. Vous produisez aussi des notes de contrôle interne : « TVA déductible sur ce devis : oui, car fourniture justifiée. » « Cette charge mixte : 70 % déductible. » Cette rigueur mensuelle prévient les mauvaises surprises en fin d'année.
À l'automne (clôture 30 avril), vous entrez en mode de haute concentration. Il faut produire la liasse fiscale — c'est un dossier complet incluant le bilan comptable, le compte de résultat, tous les détails d'imputations, les explications sur les réintégrations et déductions. Cette liasse s'envoie à l'administration avant septembre. Simultanément, la déclaration IS : c'est le calcul du résultat fiscal, ligne par ligne, avec toutes les corrections apportées. CVAE et CFE : déclarées avant le 15 mai de l'année suivante. Vous vérifiez cohérence, vous corrigez les erreurs, vous anticipez les objections. C'est une période intense mais déterminante : une erreur en liasse coûte cher.
Les missions du fiscaliste ne sont jamais « optionnelles ». Chaque document, chaque date limite est fixée par la loi. Vous gérez une cadence constante : mensuellement, les déclarations sociales et TVA ; trimestriellement, la TVA pour certains régimes ; annuellement, la liasse fiscale et l'IS. Un livrable mal préparé se répercute : corrections coûteuses, pénalités, confiance perdue du client ou de la direction. Inversement, une qualité constante vous positionne comme un atout stratégique pour l'organisation.
Commençons par les fondamentaux techniques. Vous devez connaître le Code général des impôts par cœur — ou au moins savoir où trouver la réponse en deux minutes. Les taux 2026 : IS normal 25 %, taux réduit PME 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, TVA 20 % en normal, 10 % et 5,5 % en réduit, 2,1 % en taux quasi-nul. Les seuils : franchise en base TVA à 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes), CVAE à partir de 500 k€ de chiffre d'affaires. Vous devez aussi maîtriser les logiciels : l'ERP de l'entreprise pour lire les données comptables, le portail impots.gouv.fr pour déclarer, Excel pour analyser les écarts. Chaque année, la loi change : réforme de telle abattement, nouveau taux, modification d'un seuil. Vous abonnez au BOFiP (Bulletin officiel des Finances Publiques) pour rester informé.
La compétence technique seule ne suffit pas. Vous devez savoir analyser : face à un contrat de fourniture, vous distinguez immédiatement TVA collectée vs déductible, impacts sur IS. Vous devez construire : chaque réintégration en IS a une source, un numéro de ligne de l'ERP, une justification écrite. Vous devez défendre : avant de proposer une optimisation, vous anticipez comment l'administration la verrait et si elle tiendrait face à un recours. Et vous devez communiquer : votre directeur financier n'est pas fiscaliste ; vous lui expliquez en trois phrases pourquoi le redressement proposé par le Tribunal administratif ne tient pas. C'est cette combinaison — rigueur + pédagogie — qui fait d'un assistant un fiscal efficace.
Au-delà de la technique, quatre qualités font la différence. La rigueur : en fiscal, une erreur de 100 € se propage et devient 500 € de pénalités. Vous vérifiez deux fois, vous documentez, vous archivez. La discrétion : vous accédez à des données confidentielles — chiffres d'affaires réels, marges, stratégies commerciales. Cette information ne sort jamais de votre bureau. L'adaptabilité : un jour vous travaillez avec une PME artisanale, le lendemain avec un groupe industriel. Vous changez de régime fiscal, d'enjeux, de langage. Et l'éthique : vous savez où se situe la limite entre optimisation légale et abus de droit. Vous ne proposez pas à un client de magouille susceptible de coûter cher plus tard.
Être fiscaliste c'est maîtriser trois registres. Techniquement, vous connaissez les règles et les outils ; analytiquement, vous savez déconstruire un cas, justifier chaque ligne, anticiper les objections ; humainement, vous êtes rigoureux, discret et éthique. Ces trois dimensions s'apprennent, s'améliorent, et doivent se renouveler chaque année. La formation continue n'est pas un luxe : c'est une nécessité professionnelle.
Où réside la subtilité ? La comptabilité enregistre ce qui s'est vraiment passé. Mais fiscalement, la loi décide : « cette charge, vous la dépenserez, mais vous ne pouvez pas la déduire de votre résultat imposable ». Exemple : vous embauchchez un directeur à 150 k€/an. C'est comptabilisé en charge. Fiscalement, c'est déductible — c'est une rémunération « normale ». Mais si vous employez votre frère au même poste, sans qu'il travaille, vous devez réintégrer 100 k€ : ce n'est pas une charge normale. Autre exemple : vous achetez une machine pour 100 k€. Vous l'amortissez comptablement sur 5 ans (20 k€/an). Mais fiscalement, si la loi l'autorise, vous pouvez l'amortir plus vite — amortissement accéléré — et déduire 40 k€ la première année. Fin d'année, vous recalclez : résultat comptable 200 k€, réintégrations + 50 k€, déductions − 15 k€, résultat fiscal 235 k€. IS = 235 k€ × 25 % = 58,75 k€.
Prenons une PME dans le secteur manufacturier : elle clôture l'année avec un résultat comptable de 500 k€. En révisant les dossiers, le fiscaliste identifie : une amende de 20 k€ reçue du ministère (non déductible), un cadeau client de 8 k€ dépassant le plafond légal (réintégration de 3 k€), une provision pour risque de litiges de 30 k€ (acceptée par l'administration et donc déductible). Calcul : 500 + 20 + 3 − 30 = 493 k€. Ah mais attendez : c'est une PME, donc elle bénéficie du taux IS réduit 15 % sur les premiers 42,5 k€. Le reste de 450,5 k€ est à 25 %. IS = (42,5 × 15 %) + (450,5 × 25 %) = 6,375 + 112,625 = 119 k€. Non, c'est faux : la déduction d'impôt sur les sociétés est calculée sur le montant net après impôt. Recalculons simplement : IS sur 493 k€ à 25 % (normal) = 123,25 k€. Mais si la PME remplit les critères (petite entreprise nouvelle, autonomie de gestion), elle peut bénéficier de 15 % jusqu'à 42,5 k€, puis 25 % au-delà : (42,5 × 0,15) + (450,5 × 0,25) = 6,375 + 112,625 = 119 k€.
Cette comparaison montre que la France a convergé avec l'Allemagne et la Belgique autour de 25-30 %. Longtemps handicapée par des taux de 33-36 %, la France les a réduits progressivement. Depuis 2024, le taux normal de 25 % positionne la France comme competitive dans l'UE, derrière seulement l'Irlande et Chypre qui cherchent à attirer les investissements. Ce contexte explique pourquoi les fiscalistes doivent maîtriser l'IS : un taux de 25 %, ce n'est pas rien sur plusieurs millions de bénéfice, d'où l'importance de l'optimisation légale.
L'IS se compose de trois étapes. D'abord, partir du résultat comptable. Deuxièmement, le retraiter par réintégrations et déductions pour obtenir le résultat fiscal — c'est ici que réside la technicité. Troisièmement, l'appliquer le taux : 25 % en normal, ou 15 % pour les PME sur les premiers 42,5 k€ puis 25 % au-delà. Chaque ligne doit être justifiée, documentée, expliquée. Une erreur mineure peut coûter cher après contrôle.
Vous déclarez la TVA selon le CA : au-delà de 1,5 M€, c'est mensuel (payé le 15 du mois suivant) ; en dessous, c'est possible en trimestriel (payé au 20 du mois suivant). La déclaration se fait via le portail impots.gouv.fr, avec tous les détails : TVA collectée par taux (20 %, 10 %, etc.), TVA déductible par type de facture. En fin d'année, c'est la liasse TVA qui récapitule tout. Un point crucial : la trésorerie. Si votre client paye à 90 jours mais vous déclarez TVA mensuellement, vous versez de la trésorerie qui n'est pas encore entrée. D'où l'intérêt d'une optimisation simple : facturation en franchise possible ? Délai de paiement client optimal ? C'est ici que le fiscaliste conseille le directeur financier.
Au-delà de l'IS et la TVA, deux taxes régionales frappent les entreprises. La CVAE, Contribution Valeur Ajoutée Entreprises, taxe la valeur ajoutée de l'entreprise si le CA dépasse 500 k€. Le taux monte de 0,5 % pour 1-2 M€ de CA à 2,5 % pour 15+ M€. La CFE, Cotisation Foncière des Entreprises, taxe la détention d'un local commercial ou professionnel : elle est de 0,5 % à 2 % selon la région et la catégorie professionnelle, avec un montant minimal annuel de ~200-400 €. Ces deux taxes s'ajoutent à l'IS et TVA. Elles doivent être déclarées au centre des finances publiques avant le 15 mai pour l'année de production. C'est du domaine du fiscaliste d'optimiser : location vs acquisition du local, structure juridique pour minimiser la base CVAE, etc.
La TVA, CVAE et CFE forment le pilier « impôts indirects » de la fiscalité d'entreprise. La TVA s'applique mensuel ou trimestriel et impacte directement la trésorerie. CVAE et CFE sont des taxes régionales à ne pas oublier sous peine de pénalités. Ensemble, elles représentent un enjeu de cash-flow majeur pour le fiscaliste : anticiper, déclarer, optimiser.
Tôt ou tard, votre client reçoit un avis de contrôle du fisc. C'est là que vos compétences analytiques brillent. Le contrôle peut être « sur pièces » (examens à distance du dossier) ou « sur place » (visite physique de l'entreprise). L'administration dispose du droit de communication : elle peut demander tous les justificatifs de TVA, les contrats, les factures. Votre rôle : préparer la défense. Vous reconstituez chaque position contestée (« voici pourquoi cette charge est déductible »), vous recueillez preuves et jurisprudence, vous rédigez un mémoire en défense. Puis vous présentez oralement à l'inspecteur. Une bonne défense peut éteindre le redressement ou le réduire significativement. C'est ici que l'expérience compte : les inspecteurs eux-mêmes écoutent les fiscalistes crédibles qui connaissent la jurisprudence.
Avant d'engager une opération fiscale majeure (restructuration, fusion, investissement étranger), vous pouvez demander à l'administration un rescrit fiscal. C'est une demande écrite adressée au centre des finances publiques, décrivant l'opération et demandant : « Est-ce que ce montage est accepté fiscalement ? » L'administration a 6-8 semaines pour répondre par écrit. Si la réponse est « oui », vous êtes protégé pendant 3 ans — même si plus tard la loi change ou la jurisprudence évolue, l'administration ne peut pas vous redresser (sauf mauvaise foi intentionnelle). C'est un outil précieux : il coûte zéro, il prend du temps mais offre une certitude. Le fiscaliste sage recommande un rescrit pour tout ce qui n'est pas crystalline dans le CGI.
Après la production des déclarations et des calculs, le fiscaliste assure la continuité : veille permanente, gestion des contrôles, capitalisation documentaire. La documentation — conserver tous les justificatifs pendant 6 ans (délai de prescription) — n'est pas un luxe bureaucratique, c'est votre bouclier en cas de contrôle. La veille, c'est votre avantage concurrentiel : vous découvrez les opportunités avant les autres. Et quand le fisc demande des explications, votre défense repose sur ce travail continu.
Quatre outils majeurs gisent dans le CGI. Le crédit d'impôt innovation (C2I) : 30 % des dépenses éligibles de R&D — calcul strict (salaires R&D, matériaux, outsourcing...), mais puissant : 1 M€ de dépenses R&D = 300 k€ de crédit (à déduire de l'IS). L'amortissement accéléré : si la loi l'autorise pour un équipement (machine, informatique), vous l'amortissez sur 2-3 ans au lieu de 5 — premier mois peut l'amortir 50 %. Report de déficit : si vous perdez 500 k€, vous reportez la perte et la déduisez des bénéfices futurs (1 M€ + 50 % de tout surplus annuel, aujourd'hui). Intéressement et participation : versé aux salariés, c'est déductible pour l'entreprise et favorable pour eux. Chacun de ces outils exige une maîtrise pour ne pas faire d'erreurs, mais ils sont tous légaux et massivement utilisés.
L'administration vérifie toujours : « Cette opération a-t-elle une substance économique réelle ? Ou c'est juste un montage fiscal ? » Exemples de substance : création d'une filiale étrangère pour entrer dans un marché, acquisition d'équipement pour augmenter la production, investissement en startup pour diversifier. Exemples d'absence de substance : structure fictive, sans bureau, sans salariés, créée juste pour générer une perte ; « round-tripping » (argent qui sort et rentre, circule, pour des raisons purement fiscales). Si l'administration prouve l'abus, elle redresse les taxes + pénalité de 80 % (très cher). D'où l'importance de documenter chaque décision : mémorandums, notes justifiant la stratégie, accords commerciaux réels.
La ligne entre optimisation et fraude existe et elle est claire. Vous l'apprenez, vous la respectez, vous la défendez. Le fiscaliste éthique optimise agressivement dans le cadre légal, mais ne franchise jamais la limite. Si vous doutez, vous posez la question au client ou vous demandez un rescrit. C'est cette intégrité qui construit votre réputation à long terme.
Commençons par la cadence régulière. Chaque mois, vous préparez la déclaration sociale mensuelle (DSM) des salaires et cotisations. Chaque trimestre, vous versez l'acompte IS (si CA > 760 k€ ou résultat attendu élevé) — c'est calculé sur une estimation, généralement 25 % du résultat de l'année passée. Si régime TVA mensuel, c'est chaque mois. Si régime TVA trimestriel, c'est tous les 3 mois. Chaque année qui s'étire, vous faites des points de contrôle mensuel : TVA collectée vs attendue ? Acomptes IS alignés ? Provisions à constituer ? C'est ce suivi régulier qui prévient les mauvaises surprises en fin d'année.
Voici le cœur de l'année fiscale. Dès 30 avril (clôture standard), vous avez 6 semaines pour produire la liasse fiscale — c'est le dossier technique complet. Avant 15 mai, vous déclarez CVAE et CFE — délai serré, aucune prorogation. Avant fin juin, vous déposez la déclaration IS (papier avant 30 juin, dématérialisée avant 20 juin) — ceci inclut tous les détails de réintégrations et déductions. Avant 15 juillet, vous devez envoyer la liasse annexe. Et au fil de l'automne (septembre-octobre), les paiements arrivent : solde IS à verser, acomptes pour l'année suivante à anticiper. Un seul oubli de deadline = pénalité automatique (malus 5-10 %), quoi qu'il arrive.
La courbe montre une tendance claire : depuis 2014, la France a progressivement réduit son taux IS pour devenir compétitive. La baisse accélère à partir de 2020 (31 %), puis deux gros paliers : 2022 (28 %), 2024 (25 %). Aujourd'hui en 2026, nous sommes stabilisés à 25 %, soit −8,33 points en 12 ans. Cela signifie que si une entreprise avait un bénéfice de 1 M€, elle payait 333 k€ d'IS en 2014, elle paie 250 k€ en 2026 — une économie de 83 k€ par an. C'est le contexte qui explique le succès d'attirance des investissements étrangers en France et les cabinets d'optimisation qui fleurissent.
Le calendrier fiscal n'est pas optionnel : c'est un agenda gravé dans le marbre. Manquer une deadline coûte cher — pénalités minimales assez élevées. Le fiscaliste organisé tient un agenda partagé avec la comptabilité et la direction financière, rappels 2-3 semaines avant chaque date clé. C'est de la rigueur, pas de la magie.
Les fourchettes de salaire varient selon secteur. En entreprise : assistant fiscal débute à 22-28 k€/an (junior), responsable fiscal gagne 32-48 k€, directeur fiscal 55-90 k€ plus bonus. En cabinet, assistant commence 22-25 k€, senior 35-50 k€, manager 50-70 k€, associé 70 k€+ plus parts de résultats. En Big Four, progression semblable mais échelons plus hauts : associate 60-80 k€, senior manager 100-130 k€, manager/partner 150+ k€. La plupart des fiscalistes suivent aussi une formation continue : expertise-comptable (ECE, Ordre), formations spécialisées (IFRS, transfer pricing certifiés). Ces formations coûtent temps et argent, mais elles créent des perspectives de carrière.
Au fil de la carrière, les fiscalistes se spécialisent pour augmenter leur valeur. Transfer pricing : c'est l'art de fixer les prix entre filiales du groupe pour optimiser fiscalement globalement — domaine complexe, bien rémunéré, demandé partout. Immobilier : les sociétés immobilières ont des régimes spécifiques (SCI, SARL, SICAR) — c'est une niche de haute valeur pour les PME et industriels. Fusions-acquisitions : avant d'acheter une cible, vous faites une due diligence fiscale complète (4-6 semaines) — on vous paie cher, c'est du conseil stratégique. Développement international : groupe qui ouvre une filiale en Asie, au Brésil ? Vous l'accompagnez fiscalement, négociez les conventions de double imposition, structurez les flux. Ces spécialisations se construisent par expérience cumulée + formation dédiée.
La fiscalité offre une carrière valorisée avec progression claire et rémunération attrayante. L'apprentissage ne s'arrête jamais : une loi change, un nouveau risque émerge, une opportunité d'expert se crée. Le fiscaliste qui investit en formation et en spécialisation bâtit une carrière durable et passionnante, pas seulement un emploi.
Pour approfondir, consultez le BOFiP (bofip.impots.gouv.fr) pour toute question technique. Les revues Fiscalité Pratique et Courrier Fiscal traitent les actualités mensuelles. Si vous envisagez une carrière en cabinet, investissez dans un abonnement Francis Lefebvre Mémento fiscal (référence annuelle incontournable). Pour la dimension groupe et international, transfer pricing de Levrey est reconnu. N'oubliez pas : la loi change chaque année, votre documentation doit être mise à jour.
Ces termes techniques constituent le langage du fiscaliste. Réintégration et déduction structurent le calcul IS. Amortissement accéléré et report de déficit sont des outils d'optimisation majeurs. Abus de droit et rescrit fiscal balisent la limite légal/abus. Liasse, acompte, franchise sont des pratiques quotidiennes. Maîtriser ce lexique c'est parler le même langage que les experts-comptables, les inspecteurs, les directeurs financiers.
Impôt sur les sociétés (IS) ; TVA, CVAE et taxes locales ; Veille, documentation et contrôle fiscal.
La rémunération d'un fiscaliste / assistant(e) fiscaliste en alternance est encadrée par la loi : elle correspond à un pourcentage du SMIC selon l'âge et l'année de contrat (de 27 % à 100 % du SMIC en apprentissage, 55 % à 100 % en contrat de professionnalisation), auquel s'ajoutent les aides. Montant indicatif : de ~490 € à ~1 800 € brut/mois.
Le métier de fiscaliste / assistant(e) fiscaliste se prépare en alternance (niveau B3), visant le titre RNCP RNCP34734. C'est une voie idéale pour se former tout en étant rémunéré et en acquérant une expérience concrète en entreprise à Lyon.
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