35%. C'est le chiffre qui fait bouger les lignes depuis quelques mois. Selon BFM, le taux d'emploi des jeunes progresse enfin, porté par la montée en puissance de l'apprentissage en France. Une bonne nouvelle qui mérite qu'on s'y arrête, surtout quand on voit que nos voisins européens font mieux. Beaucoup mieux, même.
Pendant des années, on a entendu parler du chômage des jeunes comme d'une fatalité. Les chiffres stagnaient, les entreprises criaient au manque de candidats qualifiés, et les jeunes, eux, tournaient en rond entre les stages et les petits boulots. Aujourd'hui, quelque chose bouge. L'alternance n'est plus seulement une option marginale : elle devient un vrai levier d'insertion professionnelle.
L'apprentissage enfin reconnu comme une solution d'emploi
Ce que montre cette progression, c'est que les mentalités changent. Il y a dix ans encore, suivre un contrat d'apprentissage était souvent perçu comme un plan B, une solution pour ceux qui ne pouvaient pas accéder à l'université. Faux. Et de plus en plus de jeunes — et surtout d'entreprises — l'ont compris.
Les chiffres de BFM révèlent une dynamique nouvelle :
- Plus d'entreprises recrutent en alternance qu'avant
- Les jeunes y voient une vraie porte d'entrée vers l'emploi stable
- La formation en alternance combine apprentissage théorique et expérience concrète
- Les alternants acquièrent une vraie légitimité professionnelle
Ce qui change concrètement pour vous, jeune en recherche de contrat ? Les offres se multiplient. Les entreprises redécouvrent que prendre un apprenti, ce n'est pas faire de la charité, c'est investir dans quelqu'un qui sera productif rapidement. Et pour vous, cela signifie une meilleure visibilité du marché et plus de possibilités de trouver une alternance qui vous correspond vraiment.
35%, c'est bien... mais insuffisant par rapport à l'Europe
Soyons honnêtes : 35%, c'est une avancée. Mais c'est loin d'être triomphal quand on regarde ce qui se passe en Suisse, en Allemagne ou en Autriche. Dans ces pays, le taux d'emploi des jeunes dépasse largement les 50%, et parfois les 60%. Pourquoi ? Parce que là-bas, l'alternance n'est pas une alternative au système scolaire classique. C'est le système scolaire classique.
En Suisse, par exemple, plus de 70% des jeunes qui terminent leur scolarité obligatoire entrent directement en apprentissage. C'est la norme, pas l'exception. Résultat : le chômage des jeunes y est quasi inexistant, et les entreprises font la file d'attente pour recruter leurs propres apprentis.
La France, elle, reste encore prisonnière d'une vision traditionnelle où l'université serait la seule « vraie » voie. Les familles ont du mal à considérer l'alternance comme équivalente, même si les choses bougent. Et les entreprises, bien qu'elles se convertissent, restent souvent frileuses face au recrutement d'alternants comparé à l'embauche classique.
Ce que cela signifie pour les alternants aujourd'hui
Cette progression de 35% n'est pas anecdotique. Elle ouvre des perspectives nouvelles pour vous si vous êtes en quête d'alternance ou de formation professionnelle.
Davantage d'offres disponibles
Plus de jeunes réussissent à trouver une alternance, ce qui signifie que le marché s'agrandit. Les secteurs qui recrutaient déjà — BTP, électricité, plomberie, mécanique — continuent leur dynamique. Mais maintenant, des domaines nouveaux rejoignent la danse : l'informatique, les services, l'administration, le secteur public lui-même.
Une meilleure reconnaissance
Quand on regarde les CV d'alternants auprès des recruteurs, le jugement change. Vous n'êtes plus vus comme quelqu'un qui a « échoué » à l'université. Vous êtes quelqu'un qui a choisi une voie rapide et efficace vers l'emploi. Avec du vrai travail derrière vous. C'est un changement de posture majeur.
Des salaires qui remontent
La rareté engendre la compétition. Avec plus de jeunes trouvant un contrat d'apprentissage, et avec un marché de l'emploi qui s'anime, les entreprises commencent à réviser leurs propositions salariales pour attirer les bons candidats. Pas de miracle, mais une tendance positive.
Pourquoi la France reste en retard malgré ce progrès
Plusieurs freins subsistent. D'abord, la culture : les familles française restent très attachées au diplôme classique. Les conseillères d'orientation des lycées, bien que bienveillantes, ne vendent pas toujours l'alternance avec le même enthousiasme que l'université. C'est lentement en train de changer, mais ça prend du temps.
Ensuite, il y a la question du coût pour les entreprises. En Allemagne, il existe un vrai financement public de l'apprentissage. En France, c'est plus fragmenté, plus complexe. Les PME, surtout, hésitent face à la bureaucratie administrative. Et puis, il y a une question culturelle : accepter de prendre du temps pour former quelqu'un, c'est une vision à long terme que toutes les boîtes ne partagent pas.
Enfin, l'offre n'est pas uniforme partout. Les grandes villes voient fleurir les postes en alternance. En zone rurale ou dans les petites agglomérations, les opportunités restent limitées. C'est un défi pour ceux qui n'ont pas la flexibilité de se déplacer.
Les secteurs qui recrutent vraiment en alternance
Si vous cherchez à profiter de cette tendance positive, certains domaines offrent plus de recrutement qu'autres :
- Le bâtiment et l'artisanat : toujours affamés d'alternants
- L'informatique et le numérique : en forte croissance
- La santé et l'aide à la personne : besoin structurel énorme